Règles · 7 min de lecture

Jours de trading minimum : la règle qui allonge le calendrier

Le compteur de séances ne se remplit pas parce que l'objectif est atteint. Pendant les jours qui restent à parcourir, la limite journalière et la perte maximale continuent de s'appliquer exactement comme avant.

Atteindre l'objectif ne termine pas le challenge là où un nombre de jours de trading est exigé. Le compte reste en évaluation tant que le compteur de séances n'est pas rempli, même si le solde dépasse la cible depuis le premier lundi.

La règle est écrite en une ligne sur les pages d'objectifs, souvent sans commentaire. C'est pourtant elle qui décide de la date à laquelle le compte change de statut, et donc de la durée pendant laquelle il reste soumis aux limites de perte.

Ce qui compte comme jour de trading

Deux formulations circulent, et elles ne demandent pas la même chose.

  • Le jour d'activité. Une séance compte dès qu'une opération y est enregistrée. Smart Trader Funds annonce 5 jours avec au moins un trade par jour sur ses trois modèles relevés.
  • La journée profitable. Une séance ne compte que si elle se termine dans le vert, parfois au-delà d'un seuil. The 5ers exige 3 journées profitables sur High Stakes, et ne compte une journée comme profitable que si les positions clôturées rapportent au moins 0,5 % du solde initial.

L'écart pratique est important. Dans le premier cas, une séance perdante remplit quand même une case du compteur. Dans le second, une séance perdante ne compte pas : elle consomme du temps et de la marge de perte sans faire avancer la condition de validation.

Une troisième formulation existe, plus discrète : le plancher conditionnel, déclenché par le comportement du compte. FundingPips indique que si plus de 60 % de l'objectif est atteint sur une seule idée de trade, 4 journées profitables minimum sont imposées sur le compte Master, pour les comptes de 25 000 $ et plus. Le nombre de jours exigé n'est alors pas connu à l'achat : il dépend de la manière dont le résultat a été produit.

Ce que chaque société publie

Relevé sur les pages d'objectifs et les configurateurs des 12 sociétés du comparatif.

SociétéJours de trading minimumLimite de durée
FTMO4 jours sur le 2-Step, pour les phases d'évaluation ; non publié sur le 1-StepNon publiée
Smart Trader Funds5 jours, au moins un trade par jour (1 Phase, Regular, Pro)Aucune
The 5ers3 journées profitables sur High Stakes ; non publié sur Hyper Growth et BootcampAucune
FundingPipsAucun minimum en évaluation (2 Step Flex)Aucune
FundedNext2 jours sur Stellar 1-Step ; 5 jours sur Stellar 2-Step et Stellar Lite ; aucun sur Stellar InstantAucune
Alpha Capital GroupNon publiéNon publiée
E8 Markets1 jour (E8 One, E8 Pro, E8 Signature)Aucune
FunderPro4 jours (Classic 2-Phase)Aucune
Blue GuardianNon publiéAucune
Maven TradingNon publiéNon publiée
Goat Funded TraderNon publiéAucune
TopstepNon publiéAucune

Sept sociétés sur douze publient l'information sur au moins un modèle. Parmi elles, deux annoncent explicitement l'absence de plancher sur certains modèles. Quand un chiffre est annoncé, l'écart va de 1 jour à 5 jours selon la société et le modèle.

Ce que la règle apporte à la société

Du point de vue de l'émetteur du challenge, un objectif atteint sur une position unique n'apprend rien. Il ne permet pas de distinguer une méthode d'un pari. Le plancher de séances force la production d'un historique : plusieurs entrées, plusieurs sorties, plusieurs clôtures journalières à comparer.

Cet historique sert ensuite à autre chose. C'est lui qui alimente les règles de cohérence, qui mesurent le poids de la meilleure journée dans le total. Sans plusieurs journées, la comparaison n'a pas d'objet. Les deux règles fonctionnent ensemble, et 10 sociétés du comparatif publient une règle de cohérence ; le mécanisme est détaillé dans l'article consacré à cette règle.

Il y a un second effet, purement arithmétique. Chaque séance supplémentaire est une occasion supplémentaire de franchir la limite journalière ou la perte maximale. Une condition de validation qui impose de rester en marché plus longtemps augmente mécaniquement le nombre d'occasions d'échouer. Ce n'est pas une intention prêtée aux sociétés : c'est la conséquence directe du fait que les limites restent actives tant que l'évaluation n'est pas close.

Trois jours de travail, dix séances de calendrier

Un point de formulation change tout et reste flou sur la plupart des pages : le plancher vaut-il par phase, ou pour l'ensemble de l'évaluation ?

FTMO est explicite sur ce point en rattachant ses 4 jours aux phases d'évaluation. Les autres formulations relevées mentionnent un nombre de jours sans préciser s'il se remet à zéro au passage en phase deux.

La différence est loin d'être théorique. Sur un modèle en deux phases, un plancher de cinq séances appliqué à chaque phase demande dix séances au total. Dix séances de bourse, à raison d'une par jour ouvré et sans jour férié, occupent deux semaines de calendrier. Le même plancher compté globalement en demande cinq, soit une semaine. Entre les deux lectures, la date de sortie d'évaluation varie du simple au double.

Le compteur ne s'écoule pas tout seul. Là où la règle exige une opération par séance, une journée sans trade ne remplit aucune case : elle repousse la date de validation sans rien faire avancer. Un trader qui ne prend pas de position tous les jours étale donc un plancher de cinq séances sur bien plus de cinq jours.

Ce qui se passe pendant l'attente

Voici la situation concrète. L'objectif est atteint au bout de trois séances. Le plancher en exige cinq. Deux séances restent à produire, et pendant ces deux séances, rien n'est acquis.

La limite de perte journalière s'applique toujours. La perte maximale s'applique toujours. Sur un modèle dont la perte journalière est fixée à 3 %, une seule mauvaise séance après l'objectif suffit à clore l'évaluation en échec, objectif atteint ou non. Le travail déjà accompli ne protège de rien.

Le type de drawdown entre ici directement en jeu. Sur un compte à drawdown statique, le profit déjà réalisé s'ajoute à la marge disponible : le seuil de perte ne bouge pas pendant que le solde monte. Sur un compte à drawdown suiveur, le seuil remonte avec le plus haut atteint, et le profit engrangé pendant les trois premières séances ne constitue pas un coussin durable. Le comparatif recense 7 sociétés annonçant un drawdown statique et 6 un drawdown suiveur sur les modèles relevés ; la distinction est développée dans l'article sur le drawdown.

La parade évidente consiste à réduire fortement la taille des positions pendant les séances restantes. Elle a une limite : là où seule une journée profitable compte, et à plus forte raison là où un seuil minimum de résultat est exigé, une position trop petite peut ne pas suffire à valider la séance. Le compteur avance alors moins vite que prévu.

L'autre moitié de la règle : la durée

Un plancher de séances serait bien plus contraignant s'il était enfermé dans un délai. Ce n'est pas ce que montrent les données relevées : neuf sociétés annoncent l'absence de limite de durée sur les modèles du comparatif, et les trois autres ne publient pas l'information sur les pages consultées.

Concrètement, l'évaluation ne se périme pas à date fixe. Rien n'oblige à enchaîner les séances restantes dans la semaine, et étaler les dernières séances sur plusieurs semaines reste compatible avec les règles publiées.

Une exception de nature différente existe cependant : la règle d'inactivité. FundingPips demande au moins un trade clôturé tous les 30 jours. FundedNext indique que le compte est désactivé après 60 jours consécutifs sans aucune opération, avec un délai annoncé comme non prolongeable. L'absence de limite de durée ne signifie donc pas que le compte peut rester dormant indéfiniment.

Trois informations se vérifient avant tout paiement, sur la page d'objectifs : le nombre de séances exigé, ce qui fait qu'une séance compte, et si le plancher s'applique par phase. Quand ces trois lignes sont absentes, la date de validation ne peut pas être estimée. Le détail par société figure dans le tableau de comparaison.

Les sociétés qui ne publient rien

Cinq sociétés du comparatif n'affichent aucun nombre de jours minimum sur les pages relevées : Alpha Capital Group, Blue Guardian, Maven Trading, Goat Funded Trader et Topstep. Deux d'entre elles mentionnent même explicitement cette absence dans leurs pages non renseignées.

Cette absence se lit de deux façons opposées, et rien dans les pages publiques ne permet de trancher. Ou bien aucun plancher n'existe, et l'évaluation se clôt dès l'objectif atteint. Ou bien un plancher figure dans les conditions générales sans être repris sur la page commerciale, et il se découvre après paiement.

Dans les deux cas, la conséquence est identique côté acheteur : la date à laquelle le compte peut changer de statut n'est pas calculable avant l'achat. Pour une règle qui conditionne à la fois la durée d'exposition du compte et le point de départ du calendrier de retraits, c'est une information manquante de premier rang. Elle figure d'ailleurs dans la liste des questions à poser avant de payer.

Dernier point de chaînage, souvent négligé : le plancher de séances retarde l'entrée sur le compte financé, et le calendrier de retraits ne démarre qu'à partir de ce moment. Smart Trader Funds annonce un premier payout disponible 30 jours après l'obtention du compte financé, puis tous les 14 jours. Blue Guardian annonce un premier retrait à 7 jours sur les modèles 1 Step et 2 Step. Chaque séance imposée en évaluation s'ajoute en amont de ces délais.

Rubrique Règles Publié le 20 septembre 2026 Données relevées le 30/09/2026 sur les pages officielles des sociétés citées

Questions fréquentes

Une séance qui se termine en perte compte-t-elle dans le minimum ?

Cela dépend de la formulation publiée. Smart Trader Funds exige 5 jours avec au moins un trade par jour, sans condition de résultat. The 5ers exige 3 journées profitables sur High Stakes, et une journée n'est comptée comme profitable que si les positions clôturées rapportent au moins 0,5 % du solde initial. Dans le second cas, une séance perdante consomme du temps sans remplir le compteur.

Puis-je laisser passer les jours sans trader pour remplir le minimum ?

Non là où la règle exige une opération par séance : le compteur ne progresse qu'avec une activité effective. Une journée sans trade repousse simplement la date de validation. À l'inverse, neuf sociétés du comparatif annoncent l'absence de limite de durée, ce qui permet d'espacer les séances restantes.

Le minimum de jours s'applique-t-il aussi après l'évaluation ?

Parfois, sous une autre forme. FundingPips impose 4 journées profitables minimum sur le compte Master lorsque plus de 60 % de l'objectif a été atteint sur une seule idée de trade, pour les comptes de 25 000 $ et plus. La même société conditionne son partage à 95 % en cycle bimensuel à 3 journées profitables, et son cycle mensuel à 100 % à 7 journées profitables d'au moins 0,5 %.

Que faire quand la société ne publie pas ce nombre de jours ?

Cinq sociétés du comparatif n'affichent rien sur les pages relevées. L'information se cherche alors dans les conditions générales, et son absence des pages commerciales signifie qu'elle ne peut pas être vérifiée avant paiement. Il est prudent de traiter cette ligne comme inconnue plutôt que comme inexistante.

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Tous les chiffres cités sont dans le comparatif

Chaque donnée y figure avec la page officielle dont elle provient et la date à laquelle elle a été lue.